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MontbaZine 2017







Les maux des mots

Les mots sont des rêves, des idées, des espoirs. Des échanges, des informations, des lois. Des armes parfois. Et si l?on aime jouer avec les mots, on doit toujours avoir le dernier mot avec eux pour qu?ils ne deviennent pas des maux. Notre langue est belle et poétique quand elle vole, crochue et venimeuse quand elle nous vole. Il en est ainsi des mots-valises, utiles et plaisants quand ils servent l?intelligence et l?humour. Qui ne comprend pas le sens du "revitellisez-vous" comme du "confipote" commerciaux ou de la "bravitude" de notre Royal Ségolène ? Et puis, on peut comprendre vite une idée grâce à ces mots filous autant qu?expressifs. Point besoin de dictionnaire pour saisir l?idée portée par la "nostalgérie" de Montherlant, le "parlementeur" de Boris Vian, le "merdiateur" et le médiacrate qui nous assomment au quotidien et à longueur d?ondes.
Là où le jeu de malins devient un jeu de vilains, c?est quand une idéologie mortifère et sournoise pervertit la jonglerie du "Loyal" cirque linguistique pour le muer en cirque romain où le sable n?est plus là que pour éponger le sang des victimes...

Ainsi en est-il du dernier mot injecté dans notre langue par de redoutables idéologues rompus à la propagande moderne que l?on nomme communication : le "burkini". L?éclat de rire se brise comme cristal? Oser fusionner la burka, noir linceul d?un être relégué au rang de femelle, au bikini, joyeux symbole du corps de la femme libérée, c?est odieux. Mais efficace : qui ne reprend pas sans précaution cette expression nauséabonde qui, comme un virus, passe de bouche en bouche en diffusant ses toxines ? Bientôt la "kippanama" pour introduire l?intégrisme juif dans nos écoles ou hôpitaux ? Le "scapullover" pour nos fondamentalistes catholiques ? Oui l?habit fait sa toile et l?exhibitionnisme identitaire son accroc dans notre sagesse. Alors, pour cette combinaison intégrale surmontée d?un capirote adapté en cagoule, la "burka de bains" suffira bien.
Ne soyons pas la grenouille dans la casserole d'eau froide sous un feu doux... c'est vrai qu'au début on ne sent rien...
Si la laïcité est neutre, les mots ne le sont pas.

Brettus (19-08-2016)

P.S. (Pour Sourire). Pour retrouver la banane et si vous souhaitez reprendre un verre de vodkabulaire, écoutez donc Franck Lepage ci-dessous qui délie lui aussi notre langue.




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