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MontbaZine 2017







































Adieu Pierre Etaix !

Décédé ce vendredi à l'âge de 87 ans, l'acteur, clown et cinéaste avait travaillé avec Jacques Tati et puisé son inspiration dans l'art de Charlie Chaplin et Buster Keaton.

L'acteur, clown, cinéaste et dessinateur Pierre Etaix est décédé vendredi matin à l'âge de 87 ans. Il avait travaillé avec Jacques Tati et Annie Fratellini et a inscrit son parcours et son art dans l'esprit de Buster Keaton et Charlie Chaplin. Ses films en tant que réalisateur ont longtemps été indisponibles à cause d'une guérilla juridique.

La justice lui donné raison et les droits d'auteurs sur ses cinq longs métrages et deux court métrages en 2009. Il a notamment réalisé "Yoyo" (1965), considéré comme son film majeur et salué comme "génial" par son ami Jerry Lewis, mais aussi "Tant qu'on a la santé" (1966) ou encore "Le Grand Amour" (1968). Dans ses films, il joue souvent un personnage lunaire, dans la veine des maîtres du cinéma muet.

Dans une interview avec Laure Adler il revient sur son parcours, les rapports intimes entre le comique et le tragique, son amour du cinéma, et singulièrement de Charlie Chaplin.
"J'ai découvert Chalie Chaplin quand j'avais 8 ans, avec les Temps modernes. Je n'ai pas compris tout ce qui se passait, bien au contraire. Mais j'ai été très impressionné par la machine à faire manger les ouvriers dans une usine. J'ai souffert, je pleurais la nuit, mes parents venaient me consoler, me disaient 'pourquoi pleures-tu?'. 'Parce qu'il est malheureux Charlot', disais-je. J'ai gardé quelque chose d'infiniment nostalgique, de douloureux, c'était ce panachage de choses dramatiques et de choses comiques. C'est ce que j'ai retenu et cela a été déterminant dans ma vie. Le fait d'aller au cinéma en famille et puis de retrouver des spectateurs qui ont fait le même choix, le même jour à la même heure, cela a quelque chose de magique. C'est une communauté de gens qui rentrent dans l'univers d'un cinéaste, et ça je l'ai ressenti comme tel, il y avait une correspondance entre le public qui était là et ce qui se passait sur l'écran."