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MontbaZine 2017



Triangulation



On a appelé ça la triangulation, l'art de jouer à la fois dans son propre camp et dans celui de son adversaire. En 2017, cette recette qui a connu un succès si fulgurant semble épuisé au profit de lignes plus pures.

Avez-vous remarqué la fragrance authentique qui imprègne la campagne? Le temps est revenu des produits naturels, avec de vrais morceaux d?identité dedans. La politique s?avance dans un refus des adjuvants, et ses camelots nous assurent de l?ingénuité de leur marchandise, ni coupée, ni frelatée.

La droite vient de choisir François Fillon qui n?est rien d?autre que de droite; il caressa, le stratège, chaque zone érogène de son camp, de l?immigration, du libéralisme, des fonctionnaires en trop, de la sécu trop lourde, du christianisme dont nous venons, de la campagne dont nous venons aussi, des paysans qui savent, eux?

La gauche frémit à son tour, dit-on à Benoit Hamon, qui coche uns à uns les invariants historiques. On appréciera notamment, plus idéologique que le revenu universel, sa confiance et son investissement dans le pouvoir syndical, auquel il veut donner un droit de veto sur les «décisions stratégiques» dans les grandes entreprises. C?est un marqueur. Cela ne ment pas. Cela a le parfum de l?éternité. Elle n?est donc pas achevée, l?éternité de la gauche, si l?on parle encore ainsi?
Siphonner l'adversaire

Il fut un temps où ces gens-là, ceux qui nous gouvernent voulaient être autre-chose qu?eux-même; quand on faisait savant, depuis les années 1990, on appelait ça la triangulation...

Source : www.slate.fr - lisez la suite