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MontbaZine 2017



Gens du voyage

Voilà bien un sujet que nos dirigeants rechignent durablement à traiter sur le fond et avec sérénité. Au résultat : des élus qui contournent la loi, des personnes au comportement clanique, enfin des citoyens qui alimentent l?ostracisme grossier quand d?autres sombrent dans l?angélisme béat.
L?impasse, tout simplement.



Les gens du voyage, français ou européens bénéficient, comme tout un chacun, du droit du sol. Et c?est heureux. Ils sont donc, comme nous autres sédentaires, chez eux sur notre territoire. Mais voila, de part et d?autre, on refuse de jouer le jeu de la vie en commun et en harmonie. D?un côté, des maires les éloignent quand ils ont le devoir de les accueillir dignement. C?est pourquoi les amendes actuelles pour retard ou refus d?ouvrir des aires dans les communes de plus de 5000 habitants (et ce seuil est probablement trop élevé) mériteraient d?être doublées chaque année, selon une progression exponentielle. Le résultat serait immédiat.

De l?autre côté, des familles qui bénéficient justement de droits sociaux (santé, éducation, allocations) mais qui refusent les devoirs inscrits dans notre code civil. Devoirs qui, comme les droits, protègent la vie collective : reconnaissance de la propriété privée (on peut la condamner, mais c?est un autre sujet) ; participation aux contributions partagées ? sous des formes à définir - qui permettent à tous de bénéficier de l?eau, des énergies, de la salubrité ; comportements responsables vis à vis de la sécurité des installations publiques.

Les chasser ? C?est indigne du pays berceau des Droits de l?Homme.
Fermer les yeux ? C?est faire le lit de l?ostracisme, le tremplin du racisme et des politiques qui le portent.
Là encore, c?est le dialogue approfondi, durable et déterminé qui doit permettre la compréhension, la reconnaissance mutuelle, et par dessus tout la définition d?un fragment de contrat social. Ecoute, respect et engagement. C?est ce qui s?appelle faire société.

Yvon (27-03-2017)