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MontbaZine 2017



 Que proposent ils ?
Emploi

Voici une vision comparative des propositions des cinq principaux candidats à la présidentielle.
Dans ce premier volet les diverses sensibilités politiques donnent ici leur point de vue sur les questions d'emploi.

Nous vous proposerons dans les jours à venir, sur MontbaZine, d'autres comparatifs concernant l'économie, l'Europe, la santé, l'immigration, la justice, etc...

Vous pourrez consulter plus en détail cette analyse sur l'excellent site www.france2022.fr proposé par Jacques Attali et www.voxe.org.


Mélenchon

Emplois Précaires
Instaurer un quota maximum de contrats précaires dans les entreprises : pas plus de 10 % de contrats précaires dans les PME, pas plus de 5 % de contrats précaires dans les grandes entreprises.

Faciliter la requalification en contrat de travail salarié des auto-entrepreneurs à client unique et des collaborateurs exclusifs des plateformes dites collaboratives (Uber…).

Remplacer les emplois d'avenir par un contrat jeune d'une durée de cinq ans, dans le secteur non marchand et public, ouvrant droit à une formation qualifiante en alternance ou à une préparation aux concours de la fonction publique.

Instaurer une allocation d'autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans, d'une durée de trois ans, sous réserve d'une formation qualifiante et sous condition de ressources.

Salaires et rémunérations
Convoquer une conférence nationale sur le partage du temps de travail et l'impact du progrès technologique, favoriser le passage à la semaine de quatre jours pour aller vers les 32 heures et appliquer les 32 heures pour les salariés en travail de nuit et les métiers pénibles.

Fixer un salaire maximum autorisé pour limiter l'écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut dans une entreprise.

Interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux. Supprimer les stock-options.

Augmenter immédiatement le smic net mensuel de 16 % pour le porter à 1 326 euros net pour 35 heures.

Engager une revalorisation des salaires des fonctionnaires, gelés depuis 2010.

Chômage

Établir le droit opposable à l'emploi en faisant de l'État l'employeur en dernier ressort : en cas de chômage de longue durée, l'État doit proposer un emploi au chômeur en lien avec sa qualification, sur une mission d'intérêt général. 1/2

2/2 L'indemnisation par l'allocation chômage se poursuit jusqu'à ce qu'un tel emploi soit proposé par l'État.

Ouvrir l'accès de la médecine du travail aux chômeurs et instaurer une visite obligatoire pour les chômeurs au-delà de six mois.

Droit et conditions de travail
Mettre fin à l'usurpation par le Medef de la parole des chefs d'entreprise : fonder la représentativité des organisations patronales sur la base d'élections, comme c'est déjà le cas pour les syndicats de salariés.

Accorder de nouveaux droits de contrôle aux comités d'entreprise sur les finances de leur entreprise. Renforcer le pouvoir d'intervention des salariés contre les licenciements économiques par un droit de veto suspensif des comités d'entreprise

Instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l'égard des dirigeants d'entreprise ou des projets stratégiques.

Instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l'égard des dirigeants d'entreprise ou des projets stratégiques.

Garantir et renforcer les pouvoirs de l'Inspection du travail et des instances représentatives de salariés, doubler les effectifs de l'Inspection du travail.

Réformer les tribunaux de commerce et les procédures de redressement et liquidation d'entreprise pour donner plus de pouvoirs aux salariés et à leurs représentants.

Refondre la procédure judiciaire de contestation des licenciements économiques pour qu'ils ne puissent être effectifs avant épuisement des recours.

Refonder le recours à la rupture conventionnelle pour empêcher les licenciements déguisés.

Abroger la loi El Khomri (loi travail).

Régulariser les travailleurs sans-papiers pour assurer l'égalité sociale entre travailleurs.

Lutter contre le temps partiel contraint qui touche 80 % des femmes. Réaffirmer dans les faits le CDI comme norme du contrat de travail.

Généraliser une 6e semaine de congés payés pour tous les salariés.

Appliquer réellement et immédiatement les 35 heures. Majorer les heures supplémentaires (25 % pour les 4 premières et 50 % et plus au-delà). Revenir sur la flexibilisation, l'annualisation, l'intensification et les horaires fractionnés.

Revenir sur le forfait-jour et le limiter aux seuls cadres dirigeants. Revenir sur les élargissements du travail du dimanche.

Harmoniser les temps sociaux (par jour/semaine/année/vie) : installer des bureaux du temps ayant pour mission l'évaluation de la synchronie des temps sociaux constatés (concordance entre les horaires de travail et de garde d'enfant, par exemple).

Étendre à toutes les entreprises l'obligation d'adopter un plan ou un accord d'entreprise contre les inégalités de salaires et de carrière entre hommes et femmes, aujourd'hui limitée aux entreprises de plus de 50 salariés.

Reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle, lutter contre l'idéologie managériale et ses effets psychologiques et sanitaires et imposer l'enseignement des sciences sociales et des risques psychosociaux dans les cursus de gestion/commerce/ressources humaines.

Faire du nombre d'accidents du travail un critère de sélection dans l'accès aux marchés publics.

Renforcer la médecine du travail. Intégrer la médecine du travail au service public de santé et garantir ses moyens Restaurer la visite médicale obligatoire à l'embauche auprès d'un médecin et périodiquement en cours de contrat de travail.


Hamon

Salaires et rémunérations
Je créerai un revenu universel d'existence (RUE). Il permettra, dans une première étape, d’augmenter, automatiquement, le revenu des actifs, ouvriers, employés, indépendants et étudiants dont les revenus sont inférieurs à 2 200 euros net, et prioritairement ceux dont les moyens sont les plus faibles.

(RUE suite) Je réunirai ensuite une conférence sociale pour programmer les étapes suivantes qui permettront la généralisation progressive du RUE à l’ensemble des Français et son augmentation à 750 euros.

Droit et conditions de travail
Pour permettre à ceux qui ont moins de vivre mieux, nous augmenterons le smic et les minima sociaux. J’encouragerai la négociation des partenaires sociaux, notamment sur les salaires, l’encadrement des contrats précaires, la reconnaissance des qualifications, l’amélioration des conditions de travail

Pour progresser tout au long de la vie, chaque actif aura droit à 1 an de congé-formation pour acquérir un diplôme ou une qualification. Je développerai également l’apprentissage.

Nous remplacerons la loi travail par une nouvelle Ioi, qui, en concertation avec les partenaires sociaux, encouragera la poursuite de la réduction collective du temps de travail sur la base du volontariat et par la négociation, renforcera le compte pénibilité et le compte personnel d’activité.

Pour lutter contre l’ubérisation débridée, je créerai un statut de l'actif. Il permettra aux travailleurs qui ne bénéficient pas aujourd’hui de la protection du Code du travail et du régime général de la Sécurité sociale d’accéder à un socle de protections et de droits fondamentaux.

Nous renforcerons la démocratie en entreprise. Les salariés représenteront la moitié des membres votants des conseils d’administration des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Je conforterai la démocratie sociale et maintiendrai le paritarisme.

Je renforcerai les corps d'inspection qui font respecter le droit du travail, les règles sanitaires et vétérinaires, et les règles fiscales.


Macron

Emplois précaires
Nous faciliterons l’embauche des salariés peu qualifiés, en atteignant zéro charges générales au niveau du SMIC.

Nous créerons des "emplois francs" pour les habitants des quartiers sensibles. Lorsqu’une entreprise embauchera un habitant des quartiers prioritaires de la politique de la ville en CDI, elle bénéficiera d’une prime de 15 000 euros, étalée sur les trois premières années.

Nous généraliserons la Garantie jeunes à 200 000 jeunes. Ce dispositif qui a fait ses preuves offre aux jeunes sortis du système scolaire sans qualification une allocation, une formation et un accompagnement personnalisé et renforcé afin de permettre leur insertion dans l’emploi.

15 milliards d’euros seront consacrés aux compétences. Nous formerons 1 million de jeunes peu qualifiés éloignés de l’emploi et 1 million de chômeurs de longue durée faiblement qualifiés.

Nous créerons des "emplois francs" pour les habitants des quartiers sensibles. Lorsqu’une entreprise embauchera un habitant des quartiers prioritaires de la politique de la ville en CDI, elle bénéficiera d’une prime de 15 000 euros, étalée sur les trois premières années.

Partenaires sociaux
Nous simplifierons les instances de représentation du personnel pour un dialogue social plus efficace et rendre le passage des seuils plus souple.

Salaires et rémunérations
Nous ferons en sorte que toute reprise d’emploi se traduise par un supplément de revenu conséquent, en augmentant la prime d’activité.

Nous augmenterons de 50% le montant de la prime d’activité.

Nous augmenterons le salaire net de chacun, en supprimant les cotisations chômage et maladie. Grâce à cette mesure, financée par une hausse de la CSG, tous les salariés verront leur salaire augmenter. Par exemple, si l’on gagne 2200 euros nets par mois, ce sera 500 euros nets supplémentaires par an.

Chômage
Nous donnerons droit au chômage aux agriculteurs pour leur permettre de surmonter les périodes de baisse d’activité.

Nous ouvrirons les droits à l'assurance-chômage aux salariés qui démissionnent. Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. (1/2)

La contrepartie sera un contrôle accru de la recherche d’emploi. Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification, sont refusés ou que l'intensité de la recherche d'emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues. (2/2)

Nous ouvrirons des droits à l’assurance-chômage aux indépendants et aux entrepreneurs afin qu’ils puissent bénéficier des mêmes droits au chômage que les salariés si leur aventure entrepreneuriale ne s’avère pas couronnée de succès.


Fillon

Emplois précaires
Mettre en place une exonération totale des charges sociales pour l’embauche d’un jeune en alternance, et lancer une grande campagne de promotion de l’alternance.

De manière générale, les moyens des contrats aidés du secteur non marchand consacrés aux jeunes doivent permettre de renforcer l’alternance et d’autres dispositifs efficaces pour apporter une réponse aux "décrocheurs" de notre système éducatif (écoles de la deuxième chance, EPIDE). (2/2)

Partenaires sociaux
Redresser les comptes de l’Unédic avant la fin de la mandature et engager le remboursement de ses 40 Mds€ de dettes, en invitant les partenaires sociaux à parvenir, à l’automne 2017, à un accord pour le redressement complet des comptes de l’assurance chômage sur le quinquennat. (1/2)

A défaut d’accord, l’Etat prendra ses responsabilités en réformant lui-même la gestion du régime d’assurance chômage. (2/2)

Chômage
Sécuriser les parcours professionnels en permettant à chaque Français de bénéficier d’un «capital formation» qui remplacera les dispositifs existants (CPF, CIF...) et permettra de rationaliser et de débureaucratiser les fonds de la formation professionnelle (1/2)

en donnant à chaque salarié et à chaque demandeur d’emploi l’opportunité de se construire une carrière et de se prémunir contre l’inactivité. (2/2)

Faciliter le retour à l’emploi des demandeurs d’emplois, en favorisant, sur les listes de demande d’accès aux logements sociaux, les demandeurs d’emplois qui retrouveraient un emploi en dehors de leur bassin de vie.

Encourager la reprise d’activité, en réformant les règles du régime d’assurance chômage, notamment via l’introduction d’une dégressivité dans l’attribution des allocations. (1/2)

Responsabiliser les demandeurs d’emplois en rendant obligatoire la motivation d’un refus d’emploi et en sanctionnant un deuxième refus insuffisamment motivé. (2/2)

Outre-Mer: Dégager dans ce cadre près de 2 Mds € pour abaisser le coût du travail et la création d’emplois : - zéro charge sociale sur tous les salaires jusqu’à deux SMIC pour les entreprises de la LODEOM et celles de moins de 11 salariés et jusqu’à trois SMIC pour les secteurs renforcés ; (1/3)

- nouveau dispositif assis sur la masse salariale pour les entreprises de la LODEOM ; - simplification et transformation des zones franches globales d’activité autour de deux principes : (2/3)

une puissante baisse d’impôts pour toutes les entreprises de la LODEOM (notamment IS ramené à 15%) et un nouveau statut d’entreprise franche pour les entreprises exportatrices ou les plus exposées à la concurrence, y compris le tourisme, pouvant aller jusqu’à une franchise totale de droits et taxes.

Droit et conditions de travail
Refonder et simplifier le code du travail en distinguant clairement les normes sociales fondamentales et ce qui relève de l’accord collectif (en priorité d’entreprise ou, à défaut, de branche).

Rendre possible le recours au référendum d’entreprise à l’initiative du chef d’entreprise.

Instituer la liberté de candidature au premier tour des élections professionnelles, dans le cadre d’une rénovation de notre système de négociation collective.

Mettre fin à la durée légale du travail à 35 heures et laisser chaque entreprise décider de son temps de travail par la négociation et la signature d’accords collectifs. L’accord collectif majoritaire s’imposera au contrat de travail. (1/3)

Les accords devront être "gagnant-gagnant" : aucun accord ne pourra se traduire par une réduction salariale, par rapport à la situation actuelle. (2/3)

Une durée de référence de 39 heures sera introduite pour le cas particulier des entreprises sans dispositions conventionnelles sur le temps de travail (nouvelle entreprise par exemple). (3/3)

Abroger le compte pénibilité inapplicable car trop complexe. Traiter la pénibilité par l’amélioration des conditions de travail, une politique de prévention plus ambitieuse et une prise en compte de la situation réelle des salariés (1/2)

notamment à travers un examen médical individuel, permettant une meilleure reconnaissance de l’incapacité au travail et de l’inaptitude. (2/2)

Supprimer les emplois d’avenir et les contrats de génération, qui coûtent 1,2 Md€ par an au budget de l’Etat, et réorienter intégralement ces sommes vers l’alternance. Cette suppression ne s’appliquera pas aux contrats aidés bénéficiant aux jeunes travailleurs handicapés. (1/2)

Créer un statut de prestataire indépendant pour les auto-entrepreneurs qui le souhaiteront. Il les protègera en minimisant ainsi les possibilités de requalification. Ce statut sera valable pour une durée de 3 ans.

Réintroduire la liberté dans le recours au congé parental.

Suppression du monopole syndical.


Le Pen

Emplois précaires
Créer un dispositif "premier emploi" qui exonère totalement de charges la première embauche d’un jeune de moins de 21 ans par une entreprise et ce pour un délai maximum de deux ans.

Partenaires sociaux
Instaurer une véritable liberté syndicale par la suppression du monopole de représentativité et moraliser la vie syndicale par un contrôle public du financement des syndicats.

Droit et conditions de travail
Retirer la loi Travail (dite loi El Khomri).

Maintenir la durée légale hebdomadaire du travail à 35 heures. Autoriser la négociation sur l’allongement du temps de travail exclusivement au niveau des branches professionnelles et à la condition d’une compensation salariale intégrale (37 heures payées 37 ou 39 heures payées 39).

Créer un dispositif "premier emploi" qui exonère totalement de charges la première embauche d’un jeune de moins de 21 ans par une entreprise et ce pour un délai maximum de deux ans.