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MontbaZine 2018


Question de chiffons ?

Comment le voile, une simple pièce de tissu aux déclinaisons diverses, a-t-il pu devenir un vêtement mondialisé, suscitant d’importantes controverses ? [voir]



En juin 2017, c'était le maire de la commune de Lorette qui avait rédigé un arrêté anti-burkini, interdisant le port du burkini et du voile sur un plan d’eau municipal. La polémique suscitée par son acte l’a poussé à le retirer au bout d’une semaine. Le même mois, de l’autre côté de l’Atlantique, le magazine de mode américain Allure illustrait sa une avec une photo de la modèle somalienne Hamali Aden, portant un hijab.

Le port du simple foulard est l’antithèse du niqab (le voile intégral), puisque le foulard permet la participation à l’espace public de celle qui le porte, alors que le niqab l’exclut définitivement. L’individualité d’un côté, l’anonymat de l’autre, au nom de préceptes religieux qui se voudraient partagés mais qui offrent des oscillations déterminantes, parfois choisies, parfois contraintes.

Peu importe leur religion, les enfants du millénaire vivent ce qui a été appelé "la fin des idéologies", ou le "désenchantement du monde", selon les expressions consacrées, avec par exemple, la montée du néo-libéralisme à tout cran et son lot de désillusions. Parmi celles-ci, la normalisation de l’incrédulité et le manque de confiance face aux processus démocratiques et aux personnalités politiques ont joué un rôle majeur.

Le vêtement figure aujourd’hui parmi les signes les plus évidents de cette soif de reconnaissance identitaire. Une classe moyenne éduquée, dynamique, moderne et religieuse a émergé en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord. Elle affirme son appartenance musulmane et revendique le droit de faire du hijab un objet de mode.

Lisez la suite sur : www.slate.fr (15-08-2018)