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MontbaZine 2018

































 

11 novembre 2018

Une date forte symboliquement. Un moment solennel s'il en est. Moment d'histoire entendue, lue, connue et apprise, selon les générations. Le 11 du onzième mois de l'année 2018, à 11 heures du matin, l'écho douloureux dans notre conscience des dernières détonations meurtrières, et l'écoute immatérielle, au plus profond de l'âme, du sanglot long et tout ensanglanté des clairons du 11 du onzième mois à 11 heures du matin de l'année 1918 annonçant enfin le silence des armes... Une commémoration chargée d'histoire, fardeau familial, national et mondial de nos générations vivantes, nous qui n'avons pas su donner consistance et réalité à la clameur innocente des pioupious de 14 qui partirent,la fleur au fusil, sauver l'humanité en commençant "la der des der" devant terrasser l'idée même de guerre.

A Montbazin comme autour des 36 000 monuments aux morts de France, les citoyens se sont donc rassemblés pour honorer la mémoire des millions de morts, des corps déchirés, des vies brisées, des familles saccagées. Un hommage à nos ancêtres morts pour la France, pour la folie des hommes aussi et surtout. Beaucoup, beaucoup de monde ce jour, et des enfants en particulier, apportant une lueur d'espoir en ce monde acteur sans conscience des tragédies contemporaines.

C'est dans la solennité que le président des anciens combattants puis la maire de la commune prononcèrent les discours officiels, chargés de références et porteurs d'espérance. Puis ce furent des enfants qui lurent des lettres de soldats... Précieuse mais étrange et douloureuse atmosphère que d'entendre ces jeunes coeurs faire battre un instant celui de leurs aïeux explosés voilà cent ans ! Plus tard, dans la chapelle saint Pierre, une décoration honora un ancien combattant puis des diplômes furent remis aux enfants citoyens qui animèrent cette commémoration. La chorale entonna enfin le chant des partisans de Maurice Druon et Joseph Kessel, hymne de la résistance pendant l'occupation nazie durant la seconde guerre mondiale.

Maintenant les drapeaux sont baissés, la Mort regagne la profonde obscurité des cimetières, les verres du plaisir d'être vivants se cognent, les rires incrédules s'entrechoquent...

Mais, dîtes-moi, ne serions-nous pas en train de chanter à nouveau, comme dans les cantines de 1914,"la Madelon" ?

Yvon Stubert (14-11-2018)