*
MontbaZine 2018





Le triangle du Nord
Mais qui sont donc ces migrants
que les États-Unis craignent tant ?






La grande majorité des marcheurs sont partis du Honduras, petit pays de 9 millions d’habitants et qui est l’Etat le plus violent de la planète où sept personnes sur dix vivent dans la pauvreté extrème.

Comme ses voisins le Salvador et le Guatemala, ces pays sont sous domination de la toute-puissance du crime organisé. Les États-Unis portent une part de responsabilité dans la situation ayant soutenu pendant des décennies de régimes dictatoriaux corrompus et cela depuis le fin du 19ème siècle.

Appelé le Triangle du Nord pour désigner la violence de cette région, qui constitue une des zones hors guerre, la plus meurtrières au Monde avec un taux de morts violentes extrêmement élevé. Selon les chiffres des Nations unies, il y avait en 2011, 39 homicides pour 100 000 habitants au Guatemala, 69 au Salvador et 92 au Honduras [voir le dossier d'Amnesty International].

Et cela vient de loin car déjà en 1901, le dictateur guatémaltèque Manuel José Estrada Cabrera place le Guatemala sous la tutelle des Etats-Unis. Les américaine jugeaient que ce pays possédait un "climat d'investissement idéal", soutenant ainsi la dictature garante des capitaux étasuniens de la United Fruit Company [voir].

De nos jours en déportant des centaines de jeunes membres de gangs californiens vers leurs pays d’origine, ils ont exporté une violence à laquelle ces fragiles démocraties (difficilement retrouvées) n’étaient pas préparées.

De même au Honduras, la corruption, le mépris des droits des communautés indigènes et des défenseurs de l’environnement, comme en témoigne l’assassinat impuni de l’activiste Berta Cáceres en 2016, sont d’autres motifs de défiance envers les institutions pour des populations qui ne voient d’avenir que dans l’immigration.

Aujourd'hui Donald Trump assimile les migrants à des criminels et envoie des milliers de soldats aux frontières avec le Mexique pour repousser ces populations désespérées, dont de centaines de mères avec des enfants de bas âge, cherchant de trouver refuge dans cette Amérique qui depuis des décennies porte la responsabilité de la violence dans leurs pays.

MontbaZine (22-11-2018)