*
MontbaZine 2019













Totalement connectés..!

Pour une expérience scientifique, deux étudiantes montpelliéraines ont vécu pendant un an dans un appartement bardé de mouchards électroniques. Résultat: les occupantes ont peu à peu "oublié" cette surveillance et les flots de données qu’elle a générés.

Sol connecté, capteurs de mouvement, de consommation d’énergie, de confort, de qualité de l’air ou de la présence d’ondes radios: pendant un an, la collecte des données de ces deux cobayes a été massive. Le but de l’expérience, baptisée HUT (Human at home (1)), est de "comprendre les usages, voir ce qui est utile, souhaitable et ce qui ne l’est pas humainement dans l’appartement du futur", a détaillé lors d’un premier bilan Alain Foucaran, directeur de l’Institut d’électronique et des systèmes de l’Université de Montpellier.

Peu à peu, les occupantes ont oublié cette surveillance électronique. Mais leur entourage, lui, la leur rappelait fréquemment.

Les deux étudiantes ont apprivoisé les lieux de façon différente. L’une a investi l’appartement «par défaut et par effet de contamination», l’autre a exploré plus en profondeur ses particularités avant d’y marquer son empreinte en procédant à une «nidification».

Toutes deux ont qualifié l’appartement de «chaleureux» et ont ressenti un bien-être psychologique tout au long de ces dix mois. Un imposant bouton rouge avait été placé dans l’appartement. En cas de besoin de tranquillité totale, les occupantes pouvaient choisir de l’actionner, provoquant l’arrêt immédiat de la récolte des données.

Sur l’année universitaire, "jamais ce bouton n’a été actionné", a précisé Anne-Sophie Cases, professeur à l’université de Montpellier en charge de e-marketing et qui menait des entretiens avec les étudiantes tous les mois.

Source : www.liberation.fr