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MontbaZine 2019






 
Joseph_Schumpeter
la "destruction créatrice"








Annexe :
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Faut il avoir peur de demain ?

Les robots arrivent... de facto ils sont déjà là depuis au moins une trentaine d'années, transformant au jour le jour et au gré des avancées technologiques – ce qu'on appelle aujourd'hui l'innovation – notre quotidien.

LA crainte donc est que ces robots vont nous remplacer et grignoter, comme un terrible "Pacman", nos emplois, source de survie de nos familles.

En réalité l'avènement de l'informatique et de la robotique depuis les années 1980 a déjà bien transformé le "marché du travail". Parmi les premières victimes on compte sans aucun doute les "secrétaires", remplacées par les ordinateurs et leurs logiciels de traitement de tests, tableurs et autres logiciels de gestion. plusieurs durent se reconvertir, comme les comptables (avec leurs secrétaires), les imprimeurs, les graphistes et bien d'autres...

Mais la destruction d'emplois par des nouvelles technologies, favorise en même temps l'apparition de nouveaux métiers, donc de nouveaux emplois. Dans notre région nous sommes passés tout en douceur, des vendanges "à la main", aux récoltes à l'aide des machines vendangeuses... eh oui, et personne ne s'est plaint !

Prenons l'exemple des graphistes (mon métier) ; ce fut longtemps un métier très manuel et artisanal, papier, pinceaux, gouache, colle ciseaux et cutters... En 1980 nous étions cinq graphistes dans notre département, l'Hérault. Mais d'un coup, cinq ans plus tard, le marché fut envahi par "l'ordinateur". Les graphistes durent mettre la main à leur porte-monnaie pour s'acheter leur premier "Mac" (1) et se former du jour au lendemain à travailler sur un écran (copier/coller et le reste). Ainsi dans un grand nombre de métiers nous avons glissé presque sans le remarquer vers une dépendance de l'outil informatique. Et autant qu'on puisse le constater, personne ne s'est plaint des avantages qui nous a apporté cet outil électronique. Aujourd'hui le métier de graphiste a explosé ; transformé en "infographistes" ils se comptent par centaines dans notre département et bon nombre de ces nouveaux professionnels gagnent bien leur vie.

Cette transformation s'appelle la "destruction créatrice" (2), théorie développée dans les années 1930 par l'économiste autrichien Joseph Schumpeter (3). Ci dessous un bref récapitulé du contexte dans lequel ses idées ont évoluées.

1ère révolution industrielle (4)
La "destruction créatrice" s'est produite lors la première révolution industrielle qui a débute en Angleterre et en Wallonie vers le milieu du 18ème siècle où par exemple le brevet de la tisseuse à vapeur de Edmund Cartwright (5) remplace les métiers à tisser manuels. Le développement rapide de machines à vapeur Boulton et Watt (6) font apparaître les usines et la classe ouvrière et font évoluer le transport des marchandises. C'est sans doute ce phénomène qui a inspiré Schumpeter.

2ème révolution industrielle
Vers la fin du 19ème siècle la vapeur est remplacée par l'électricité et le pétrole comme source d'énergie, c'est la deuxième révolution industrielle. C'est le développement massif des industries, Henry Ford (7) introduit le travail à la chaîne dans le secteur automobile en installant un tapis roulant qui achemine les pièces vers les ouvriers spécialisés. Ses usines se développent de façon vertigineuse, les ventes de la voiture "Ford T" (8) passent de 250 000 véhicules en 1914 à 472 000 en 1916, puis à un million au début des années 1920.

3ème révolution industrielle
Nous sommes actuellement en plein dans le tourbillon de la troisième révolution industrielle et nous commençons à craindre la disparition de nos métiers. L'avènement dès le début des années 1980 de l'informatique a provoqué cette nouvelle phase de "destruction créatrice" modifiant nos outils de travail et introduisant l'accumulation massive de données qui alimenteront l'intelligence artificielle (9).

L'IA a contribué depuis un certain nombre d'années déjà, par exemple, à la recherche contre le cancer, avec comme résultat la prolongation de notre espérance de vie. Elle nous fournit des myriades d'informations sur l'internet, et transformera les systèmes de transport (voitures et camions autonomes). Elle introduira de nouvelles formes d'énergie, utilisant les sources existantes dans la nature, comme l'énergie solaire et celle des mers, et les canalisant en énergie électrique, menant ainsi à l'abandon des énergies fossiles, devenues trop chères.

L'éducation des jeunes, les formations gratuites de toute sorte aideront la jeunesse du 21ème siècle à trouver leur chemin vers les nouveaux métiers d'avenir. Aujourd'hui on peut si on le désire, apprendre tout, absolument tout sur l'internet et cela gratuitement comme par exemple avec les formations diplômantes des Mooc (10).

On ne gagne rien en regardant en arrière comme le font les prêtres de "l'effondrement" (11), très à la mode dans certains milieux, – mais tout devient possible en regardant l'avenir avec conviction et optimisme.

Roberto Hamm (MontbaZine)