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MontbaZine 2020










La laïcité à la sauce hindoue
Une nouvelle ségrégation pour encourager l'islamisme radical

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a célébré mercredi soir le passage de la loi réformant le droit à la nationalité indienne. Adoptée par les deux Chambres cette semaine, la loi facilite la naturalisation des Afghans, Pakistanais et Bangladais qui pourront devenir Indiens s’ils vivent dans le pays depuis le 31 décembre 2014, soit au bout de cinq ans au lieu de onze ans pour tout autre étranger. Mais cette "fraternité" est limitée. Seuls les adeptes de six religions pourront en bénéficier : hindous, bouddhistes, chrétiens, sikhs, jaïns et zoroastriens.

Laïcité constitutionnelle
Et pourtant ln 1950, la laïcité est inscrite dans plusieurs articles de la Constitution du pays (1) : l'article 15 interdit les discriminations sur la base de la religion, la race, la caste, le sexe ou le lieu de naissance, l'article 25 consacre la liberté de conscience et la pratique et propagation libre de la religion, l'article 26 protège la liberté des religions de régler leurs propres affaires. En 1976, ces dispositions ont été complétées par l'introduction du mot Secular devant Democratic Republic dans le préambule de la Constitution.

"Hindouïté"
A travers cette loi, le gouvernement violerait donc la Constitution pour imposer une idéologie : celle de "l’hindutva", ou pour imposer une idéologie : celle de l’hindutva, ou "hindouïté", soutenue depuis près d’un siècle par les hindouistes de l’organisation nationaliste Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS (2)), selon laquelle l’Inde est la terre des hindous, où, comme en Israël pour les juifs, tout hindou doit pouvoir venir trouver refuge. Vinayak Damodar Savarkar (3), l’un des principaux idéologues de la mouvance hindouiste des années 30, vénéré par les membres du gouvernement actuel, avait ainsi fait l’apologie de la politique nazie envers les juifs et recommandé d’appliquer des méthodes similaires pour traiter les musulmans indiens.

Résistence
Certains résistent, malgré tout. D’abord, un groupe de parlementaires musulmans a déjà fait appel devant la Cour suprême, qui pourrait invalider cette loi. Dans le nord-est de l’Inde, et particulièrement dans l’État de l’Assam (4), où le gouvernement hindouiste local affirme vouloir régulariser 500 000 hindous, c’est l’insurrection : la résidence d’un député local et une gare viennent d’être incendiées et des vagues de manifestants continuent à protester, malgré l’imposition d’un couvre-feu et la coupure de l’Internet.

Source et suite : www.liberation.fr