*
MontbaZine 2021


Choisir sa mort doit être un droit

Mourir dans la dignité, c'est un débat de longue date en France. Par l'euthanasie ou le suicide assisté, toujours interdit, ou par la sédation profonde, soumise à de stricts critères, la fin de vie en contexte de maladie reste compliquée. Alors, choisir sa mort doit-il être un droit ?


Le débat sur la fin de vie a été relancé en avril dernier avec la proposition de loi du député Olivier Falorni pour donner le droit “à une fin de vie libre et choisie”, dont l’examen n’a pas pu aboutir, par un trop important d’amendements. L’euthanasie et le suicide assisté restent illégaux en France, contrairement en Europe aux Pays-Bas, à la Belgique, au Luxembourg et désormais à l’Espagne qui vient de dépénaliser ces parcours de fin de vie.
"La loi en Belgique est en adéquation avec l'écoute du patient et le choix de sa mort : c'est lui qui décide" raconte François Damas, médecin belge, pratiquant l'euthanasie.
En France, ils restent interdits alors que 93 % des français considèrent que la loi devrait autoriser le médecin à mettre fin, sans souffrance, à la vie des personnes atteintes de maladies incurables ou insupportables, si elles le demandent.
"C'est en fait une véritable démocratie sanitaire, dans laquelle il faut respecter la volonté du patient, au centre des décisions". explique Philippe Lohéac, pour qui il s'agit de "mourir dans sa propre liberté, dans sa volonté".
Ainsi "le patient doit être respecté dans son refus d'aller trop loin dans les traitements, notamment en cas de souffrance" explique Marion Broucke.
Mais "est-ce le rôle de la médecine de donner la mort ?". C'est cette question que se posent certains, et qui tentent d'y répondre en avançant le besoin d’accompagner la fin de vie plutôt que de la précipiter, avec des craintes d'en faire une sorte de norme. La sédation profonde et continue pour les patients dont le pronostic vital est engagé à court terme, que permet la loi Leonetti (2016), reste insuffisante pour beaucoup. Pourtant une nouvelle loi serait-elle vraiment la solution ?


Source ; www.franceinter.fr