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MontbaZine 2024









Document extrait du mémoire de Mme. Monique Rousseau (Ornementation de la chapelle St. Pierre de Montbazin)

Le graffite porte chance

La chapelle st-Pierre, détient un mystérieux graffite représentant un personnage chevauchant un phallus, au- dessus du petit bassin d'une fontaine romaine [sans doute une récupération du monument original) mis en place lors de la première rénovation à l'époque carolingienne au IXe siècle. Les enduits gardent la trace de couleur ocre dorée qui était utilisée à l'époque, et une inscription grecque dans l'armorium en est une double preuve. La chapelle, du moins une partie, ne date pas du XIIe siècle, mais comme tous les monuments encore en place après les guerres, de l'époque romaine, dont les constructions très solides ont défié le temps. A rappeler qu'à chaque conquête, les légionnaires romains, élevaient une tour [ronde ou carré) pour y installer un lieu de culte. Le graffite représenté ici à été peut-être modifié lors d'une réutilisation postérieure sous les Guilhem de Montpellier. Ce symbole était très populaire auprès des Vettii de Pompéi [de riches commerçants). Un de ces membres, un affranchi prêtre d'Auguste à Nîmes et membre important de l'aristocratie Volques, nous a laissé sa villa aux Avenasses. Le phallus pour les romains, était alors une symbolisation de la chance et de la prospérité. Il était souvent porté comme amulette, bref on en trouvait partout. Malins ces habitants de Bazin! Ils ont su associer la protection divine des dieux ancestraux avec la nouvelle tétralogie chrétienne. Les sous- peintures romaines conservent les portraits des donateurs, et de belles représentions de paysages marins, avec leurs cortèges de dieux et déesses, ainsi qu'une Vénus pompéienne, cachée près de st Thomas, et le premier blason du village. Vues animales et tétralogie vautour, ours et boeuf [Mithra) surtout Amon-Ra le bélier sur son trône. Parois murales maintes fois retouchées où les scènes de gladiature sont très présentes, symboles très puissants, du guerrier et de la virilité masculine: en vogue au IIe siècle comme l'atteste leurs représentations sur la céramique sigillée [que de lions!). Elles furent ensuite elles- mêmes recouvertes par des représentations plus sages à l'époque chrétienne, complétées par les images de chevalerie et des serments de vassalités et bien entendu nos seigneurs et nos dames de Montbazin. Hélas les représentions de style baroque se sont envolées dans les années 1960 lors de son nettoyage à la brosse métallique. Dommage, car vous auriez pu y découvrir des peintures murales inspirées de Noel Coypel , peintre en faveur à Versailles.
Alors, par ces temps de canicule, venez avec vos appareils numériques, photographier les trésors cachés de cette chapelle et peut-être aurez vous un peu de chance.

Monique Rousseau (12-07-2023)